A MEDITER - Page 1
 

"Le plus grand cadeau que le Japon ait fait au monde, ce ne sont pas ses productions industrielles de grande classe, ni leur qualité, ni leurs minutieuses perfections dans les détails. Ce n'est pas non plus son génie de l'organisation, pas davantage la somptueuse et délicate beauté de la nature. Pas, non plus, son art si subtil et si fin, ni la générosité inégalable de son hospitalité, ni même son exquise et perpétuelle politesse. Le courage et l'héroïsme légendaires de son peuple que nous admirons tous, s'ils peuvent comme d'autres nous inspirer, ne sont pas le Don unique.
Ce don unique du Japon à l'univers, c'est d'avoir inventé « l'homéopathie » de la violence.
Le Japon est le premier et, je crois, le seul à avoir su utiliser les techniques du combat, les instruments de la violence et du meurtre, contre le meurtre et la violence.
Il y a déjà longtemps que ce principe avait été découvert au Japon, et il y a longtemps qu'il était utilisé et expérimenté à l'intérieur du Yamato. Le nom de JUDO - voie de la souplesse - était bien connu des vieux Maîtres. Le Kendo, voie de l'épée, était pratiqué de longue date. Les arts martiaux ont été utilisés comme moyen d'éducation virile pour les hommes et aussi quelques femmes pour leur défense.
Ces arts martiaux, ou BUDO, étaient accompagnés d'un code rigoureux de haute élévation morale qui est devenu le code d'honneur de la nation japonaise : le BUSHIDO, véritable esprit chevaleresque.
Déjà, dans l'ère de Kamakura, on vénérait le Maître Masamuné, artiste réputé dans la fabrication des épées. Son disciple Muramasa, fabriquait, lui aussi, des épées au tranchant incomparable.
On les reconnaissait en les plantant dans un cours d'eau. Le fil en était tel que les .feuilles mortes se coupaient d'elles-mêmes en le heurtant. Mais il ne put jamais imiter son Maître Masamuné. Les lames de Masamuné étaient forgées de telle façon que, placées dans le même courant, les feuilles ne heurtaient pas la lame, pourtant finement tranchante, mais se détournaient d'elle en l'approchant. La lame de Masamuné, symbole de la pureté, de la droiture, de la loyauté et de la décision, était aussi conçue pour la paix et la non-violence !
Si c'est une légende, elle est belle et révélatrice d'une tendance pacifique existant au sein des arts martiaux.(…)"

J.L. Jazarin
Préface au livre d’André Nocquet : "O Senseï Morihei Ueshiba : Présence et message"